Un enfant arrive, le logement devient trop petit et le projet de déménagement se précise. Le budget 2027 propose une nouvelle porte d’entrée vers le prêt à taux zéro, y compris pour des familles déjà propriétaires. Mais attention à l’annonce : le dispositif n’est pas encore voté définitivement, et il ne financera pas tous les achats.
Le projet de loi de finances pour 2027, en discussion au Parlement en cette fin octobre, prévoit à son article 7 un « PTZ parentalité ». Il faut distinguer le texte proposé, les amendements débattus et le droit applicable aujourd’hui.
Ce que le projet de budget 2027 veut changer
Le prêt à taux zéro actuel est une aide au financement de la résidence principale. Il ne porte pas d’intérêts pour l’emprunteur, mais doit être remboursé et vient compléter un autre prêt. Il est notamment soumis à des plafonds de ressources et, sauf exceptions, réservé aux ménages qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années.
Le projet de budget entend créer une dérogation à cette dernière condition. Une famille qui attend un enfant, ou qui a la charge effective d’un enfant de moins de trois ans, pourrait accéder au PTZ même si elle possède déjà son logement. Elle pourrait ainsi envisager un nouveau bien mieux adapté à sa situation familiale, sous réserve des autres critères applicables et de l’adoption du texte.
Déjà propriétaire ne signifierait plus automatiquement exclu
C’est la nouveauté la plus tangible. Aujourd’hui, revendre un deux-pièces pour acheter une maison après une naissance ne suffit pas, en soi, à ouvrir droit au PTZ si le ménage ne satisfait pas à la condition de primo-accession. Le projet propose précisément de lever cet obstacle pour certaines familles. Il ne supprime ni l’analyse bancaire ni les conditions attachées au logement financé.
Les règles ont déjà été discutées, pas définitivement changées
Le 8 octobre, en commission des finances, les députés ont soutenu une version plus large : enfants de moins de cinq ans, suppression envisagée de la condition de ressources et plafond de 100 000 euros. Mais la commission a ensuite rejeté la première partie du budget. Les amendements votés à ce stade ne sont donc pas devenus automatiquement le droit applicable. Ils doivent encore passer l’épreuve de la séance publique et du reste de la procédure parlementaire.
Neuf ou ancien : tous les logements ne seront pas éligibles
Le mot « parentalité » ne doit pas faire oublier les règles du PTZ lui-même. Depuis avril 2025, le dispositif finance, sous conditions, des maisons et des appartements neufs partout en France. Pour un logement ancien, le cadre ordinaire est beaucoup plus ciblé : achat avec travaux représentant au moins 25 % du coût total de l’opération, dans une commune classée B2 ou C, sauf autres opérations particulières éligibles.
Une famille achetant un appartement ancien classique à Paris ne doit donc pas compter sur ce futur PTZ : la dérogation familiale ne rend pas automatiquement tous les logements éligibles.
Un exemple concret pour une famille qui déménage
Imaginons un couple propriétaire d’un appartement, avec un enfant de deux ans, qui souhaite faire construire une maison neuve en Normandie. Dans le régime actuel, son statut de propriétaire peut lui fermer la porte du PTZ. Si la dérogation « parentalité » était adoptée dans les termes annoncés, il pourrait demander une étude d’éligibilité, en vérifiant notamment les ressources, le type d’opération et les règles définitives.
En revanche, acheter une maison ancienne sans travaux suffisants n’ouvrirait pas automatiquement le même droit. Il faut donc vérifier le bien avant de compter l’aide.
Un PTZ ne remplace jamais l’accord de la banque
Même à taux zéro, une somme empruntée reste une dette. Le prêteur examine les revenus, les charges existantes, le reste à vivre et la cohérence globale du montage. La règle de référence du Haut Conseil de stabilité financière fixe en principe le taux d’effort à 35 % des revenus, assurance comprise, avec une flexibilité encadrée pour les établissements.
Une famille peut donc remplir les critères d’un dispositif public sans obtenir automatiquement le financement nécessaire. À l’inverse, l’appoint d’un PTZ, lorsqu’il est effectivement mobilisable, peut réduire la part du crédit classique et améliorer l’équilibre du projet. Son effet exact dépend du montant accordé, du différé éventuel et de la durée des prêts associés.
Faut-il attendre 2027 pour acheter ?
Pas sur la foi d’une seule annonce. Les paramètres finaux, la date d’entrée en vigueur et les éventuelles mesures d’application doivent encore être connus. Attendre peut avoir un intérêt pour certaines familles ; cela peut aussi exposer à un changement de prix du bien, de taux bancaire ou à la perte d’un logement adapté.
Le plus prudent est de faire établir deux budgets : l’un avec les règles en vigueur aujourd’hui, l’autre avec une hypothèse de PTZ futur clairement présentée comme conditionnelle. Aucun compromis ni contrat de réservation ne devrait reposer sur une aide qui n’existe pas encore juridiquement.
Le vrai changement, si le texte aboutit, serait simple : l’arrivée d’un enfant pourrait faciliter le passage à un logement plus grand, y compris après un premier achat. Mais entre une intention budgétaire et un prêt signé, il reste la loi, les critères d’éligibilité et la décision de la banque.

